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NOCE
Jean-Charles de Quillacq, Victor Yudaev,
Pauline Zenk

Exposition collective

28 avril – 27 mai
Vernissage le vendredi 27 avril de 18h à 22h

Galerie Salle des Machines
Friche la Belle de Mai
41 rue Jobin
13003 Marseille

Une proposition de Triangle France - Astérides.


Gislebertus, Le sommeil des Mages, détail, v. 1130, Cathédrale Saint Lazare, Autun

Une noce avec ses zones de tensions, ses oppositions, ses connexions, ses corps en balance, exhibés, contraints aussi. Une noce quelque peu fortuite, rendue possible par la volonté de
Jean-Charles de Quillacq, Victor Yudaev et Pauline Zenk de devenir acteurs de cette rencontre et d’exposer ensemble.

Jean-Charles de Quillacq use de formes à priori simples pour exprimer des interrogations humaines complexes. Les objets qu’il crée, aussi bien abstraits que figuratifs, sont les supports de questionnements sur notre propre individualité, mais surtout sur ce que nous pouvons avoir en commun, en se détournant de ce qui fait notre unicité pour au contraire montrer ce qui en nous n’a rien d’unique, ce que l’on partage. La relation affective à l’objet, sentimentale comme sensuelle est aussi au cœur de son travail. Jean-Charles de Quillacq se nourrit des relations qu’il entretient avec les œuvres. Le mythe de Pygmalion tombant amoureux de sa création n’est pas loin. Dans cette relation viscérale à l’objet, les formes sont le fruit de gestes appris, mécaniquement répétés jusqu’à leur conférer un caractère quasi automatique, jusqu’à s’en déposséder. Non pour se nier, mais pour engager une mise à distance nécessaire, afin d’atteindre peut être un point où dire ou ne pas dire Je n’a plus d’importance ?

Victor Yudaev sculpte des objets qui, pris dans leur totalité, font œuvre. Ce parti pris de l’artiste revêt ici l’apparence d’un atelier d’artisan, d’un stand où s’exposent pèle mêle souliers sculptés, figures anthropomorphes et bibelots mystérieux. Scénographie et médiateurs sont de même intégrés à la réflexion de Victor Yudaev, qui ajoute sa veste d’atelier dans l’espace d’exposition, comme pour souligner que le travail n’est jamais vraiment terminé. Rien n’est laissé au hasard. Mêlant matériaux nobles et éléments du quotidien, culture classique et populaire, passé et présent, ces objets composent un ensemble sculptural qui s’inscrit dans l’espace d’exposition selon un rythme précis, choisi par l’artiste. Une logique spatiale énigmatique au premier abord, qui suggère plus qu’elle n’exprime les liens unissant tous ces objets. A chacun dès lors de découvrir au gré de son parcours ces connexions, de s’inventer les sens possibles, toujours mouvants, qui jalonnent cet ensemble.

Pauline Zenk utilise des images trouvées sur internet ou au gré du hasard pour interroger à la fois les notions de mémoires collectives et de souvenirs intimes, ainsi que les conditions de leurs appropriations dans une société de l’image omniprésente. Qu’elles soient tirées d’Instagram ou d’ouvrages historiques, elle se réapproprie ces images, souvent photographiques, à travers sa peinture, afin d’à la fois raviver l’aspect émotionnel de ces instantanés et de jouer avec les codes de la peinture classique. Ainsi, une femme en robe rouge exhibe son corps et masque son visage d’un même tissu, déplaçant le lieu de l’intime et de l’érotisme, Marylin renversée. S’éloignant de l’aspect parfois lisse des photographies, s’offrent alors à nous de nouvelles représentations à la facture académique et interrogative sur le traitement des affects à notre époque.

Noce donc, où vont se croiser le temps d’une exposition ces œuvres rapportées dans un espace d’interférence, de cohabitation, et - c’est le pari - de dialogue.

Romain Timon



Vue d'exposition, Noce, 2018 ©JC Lett



Vue d'exposition, Noce, 2018 ©JC Lett



Vue d'exposition, Noce, 2018 ©JC Lett



Vue d'exposition, Noce, 2018 ©JC Lett



Vue d'exposition, Noce, 2018 ©JC Lett



Victor Yudaev, Les nuages en pantalon



Vue d'exposition, Noce, 2018 ©JC Lett



Vue d'exposition, Noce, 2018 ©JC Lett